• Racisme, migrants, soutiers noirs, "Tsiganes" du nucléaire.. ou fraternité universelle ?

     
     
    Mercredi 6 avril 2011

     

     

    etranger

     

     

     

    Les mirages de l'Occident

     

     

     

    Le racisme, aujourd'hui, est la chose qui se porte le mieux.  La plante est arrosée en abondance par un Sarkozy à l'affût des voix qui lui permettront de rebondir, au prix de perdre son âme (s'il en a une !) et de trahir les idéaux français, les valeurs fondamentales de la République. Le FN prospère sur le rejet de l'autre, hier juif, aujourd'hui arabe ou musulman, en tous cas étranger. La course à l'échalote commence, la droite et l'extrême-droite rivalisent pour capter les voix des mécontents de la mondialisation carnivore.  Les populismes font un carton en Europe - et partout. La peur de l'immigré, le rejet de la différence se banalisent.  Plus les choses vont mal, plus la quête de boucs-émissaires est à la mode. On a les modes que l'on peut ! 

     

    En même temps, l'Occident fait miroiter son modèle de vie, son consumérisme, alors les papillons viennent se brûler, quand ils ne se noient pas dans la mer en tentant d'accoster sur la terre promise. Aujourd'hui encore, trois cents candidats au "bonheur" européen ont perdu la vie au large du mirage de l'Occident. Fuite de la misère, quête du modèle de vie occidental, essai d'échapper à la colère des dictateurs chancelants. Les Parlementaires, à Bruxelles, ont observé une mn de silence en apprenant le rêve brisé des candidats au "bonheur" européen. Une vague d'immigrants succèdera à l'autre.

     

    Choc de trois événements, télescopage de trois drames : Celui du navire qui se perd avant d'avoir atteint la terre promise, celui des victimes noires de l'appétit de l'Occident pour le désert libyen si riche en pétrole et si pauvre, tant que Kadhafi y règne, en marionnettes dociles, enfin celui des sacrifiés du choix nucléaire.

     

    Car aujourd'hui, tandis que des migrants se noient avant même d'avoir entrevu une quelconque espérance de mieux-être, d'autres ne peuvent même pas quitter la Libye en proie aux sollicitudes intéressées de l'Occident. Voici, ci-joint, le drame des soutiers noirs en Libye. Et dans la foulée, voici une autre tragédie, au Japon cette fois : Celle des "Tsiganes du nucléaire",  des malheureux appâtés par la promesse d'un travail, et qui deviennent radio-actifs avant même d'avoir touché le bol de riz promis. Demain, d'autres les remplaceront. Ainsi va la vie sur notre planète modelée par les adorateurs de Mâmon : Une petite minorité se repaît du malheur des peuples. Le sang des hommes n'a pas fini de couler pour que les puissants prospèrent à l'ombre des cocotiers....

     

    Solidarité universelle, où es-tu ?

     

    Chantal Dupille

     

    http://afriqueactu.net/wp-content/plugins/photos/cache/bf789_4d5d0ac66.jpeg

    http://afriqueactu.net/wp-content/plugins/photos/cache/bf789_4d5d0ac66.jpeg

     

    Libye : Le calvaire des "soutiers" noirs 
    .

    Dans la soute des « rentiers du pétrole » en Libye, il y avait, jusqu’il y a peu, un million et demi d’Africains noirs, se partageant les tâches les plus ingrates avec des Asiatiques, parmi lesquels de nombreux ressortissants des Philippines.

     

    Employés dans le secteur de la construction, l’agriculture, l’industrie pétrolière, les services, ces migrants représentaient un volant de main d’œuvre aussi utile que soumis aux aléas de la conjoncture économique ou politique. La plupart des étrangers d’origine asiatique ont réussi à fuir dans les premiers jours du soulèvement, souvent aidés par leurs gouvernements respectifs.

     

    Les Africains noirs, eux, ont été pris dans un double piège :  dans les zones demeurées sous le contrôle de Kadhafi, beaucoup ont été enrôlés de force. D’autres, qui tentaient de fuir vers la Tunisie ou l’Egypte, ont été stoppés à la frontière et refoulés sans ménagements: le printemps arabe s’arrête encore à la couleur de la peau. Nigériens, Tchadiens, Maliens, et même Soudanais ou Erythréens ont alors emprunté la « route du désert » à bord de camions vétustes les menant vers Agadez au Niger ou Tombouctou au Mali.

     

    Dans les zones passées sous le contrôle des insurgés, la situation de ces migrants est pire encore : à cause de leur peau sombre, ils ont été         assimilés à des mercenaires, des infiltrés oeuvrant pour le compte du dictateur et certains d’entre eux ont été exécutés par les rebelles sans autre forme de procès. D’après les journalistes présents à Benghazi, nombreux sont les Africains noirs –ou même les Libyens à peau sombre, originaires d’oasis comme Koufra- qui vivent aujourd’hui terrés, sans oser sortir, craignant d’être lynchés.

     

    http://img.over-blog.com/277x179/1/18/15/06/5--9.7.9/cosmos-mains-divines.jpg

     

    La situation dramatique de ces Africains noirs n’est pas nouvelle : c’est en arrêtant leur errance sur la rive sud de la Méditerranée, en les empêchant d’embarquer vers l’ Italie, que le colonel Kadhafi s’était attiré les faveurs de Berlusconi et, plus largement, l’indulgence des maîtres de la forteresse Europe…

     

    En outre, cette population extrêmement vulnérable a toujours été soumise au bon vouloir des autorités libyennes elles mêmes. L’écrivain Tidiane Diakité, dans son ouvrage  « 50 ans après l’Afrique » (1) rappelle qu’au début des années 2000, frappée par sept années de sanctions internationales, la Libye décida d’expulser sans ménagements 500.000 Tchadiens, 450.000 Soudanais, 20.000 Maliens, 17.000 Mauritaniens,  en plus de dizaines de milliers d’Algériens et de Tunisiens et de 1,5 millions d’Egyptiens.

     

    Par la suite, Antonio Guterres, le Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés, devait qualifier d’ « effrayante » la situation des immigrés en Libye. Il soulignait, en 2009, que même si le colonel Kadhafi était le président en exercice de l’ Union  africaine et s’était proclamé le « roi des rois » du continent, chaque année, plus de 10.000 Africains, subsahariens ou maghrébins étaient expulsés après avoir été parqués dans des centres de détention et privés de tous leurs droits.

     

    Quant à ceux qui étaient autorisés à rester dans le pays, leur sort n’était pas plus enviable pour autant : ils étaient privés de passeport, retenus par leur employeur, sous payés ou rémunérés de manière arbitraire. En outre, ils ne disposaient d’aucun document régularisant leur séjour et d’aucun recours en cas de mauvais  traitement…

     

    En 2004, le  Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale accusa la Libye de ne pas avoir mis en place les mécanismes de prévention des actes racistes.

     

    Les comportements individuels des Libyens « de souche » ont toujours été en phase avec cette indifférence officielle : au racisme ordinaire se sont ajoutées, à plusieurs reprises, des émeutes ciblées. C’est ainsi qu’en 2000, des dizaines de travailleurs migrants, originaires  du Soudan, du Niger, du Burkina Faso, du Tchad, du Nigeria, du Cameroun furent visés par des émeutes, les manifestants reprenant l’antienne officielle accusant ces « Noirs » d’être à l’origine de la montée de la violence et du trafic de drogue.

     

    Les rebelles d’aujourd’hui et leurs alliés occidentaux ont peut- être oublié l’histoire. Mais les Africains noirs, même si leurs  dirigeants ont toujours accepté l’argent de Kadhafi, savent aussi que, jusqu’en 1910, c’est dans le port de Benghazi qu’arrivaient les caravanes  chargées d’esclaves noirs capturés dans le Waddai, au Tchad…

    Tidiane Diakité, 50 ans après, l’Afrique, éditions Arléa, 2011,  310 pages

     

    http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2011/03/30/libye-le-calvaire-des-soutiers-noirs/

     

    http://www.lesmotsontunsens.com/libye-le-calvaire-des-soutiers-noirs-10240

     

     

    http://www.echoslogiques.com/liquidateurs.JPG

    http://www.echoslogiques.com/liquidateurs.JPG.

     

    Liquidateurs du Japon:

    Les "tsiganes" du nucléaire

     

    http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/japon-les-clochards-du-nucleaire_978891.html

     

    Par Mathieu Gaulène, publié le 02/04/2011 à 16:32, mis à jour à 17:20



    80% des travailleurs du nucléaire au Japon sont en fait des sous-traitants,  recrutés parmi les couches les plus paupérisées de la population japonaise. Enquête sur les "gitans du nucléaire".


    En plus d'une forte radioactivité qui les condamne à mort à brève échéance,

    les quelques 500 liquidateurs de Fukushima

    doivent travailler dans des conditions
    atroces et inhumaines. Ils recevraient seulement deux repas par jour, des
    biscuits le matin et du riz le soir, un maximum d'un litre et demi d'eau par
    personne, et dormiraient sur des nattes de plomb, à même le sol. Dans ces
    conditions, un patron confiait au journal Asahi qu'il ne pensait plus "pouvoir
    trouver d'autres salariés qui accepteraient d'y aller."

    http://www.20minutes.fr/article/696895/planete-fukushima-insupportable-quotidien-liquidateurs-centrale-nucleaire


    Dans le journal tokyoïte Tokyo Shimbun, un ancien travailleur sous-traitant de
    Fukushima Daiichi ne cache pas sa colère au sujet des trois ouvriers

    contaminés aux jambes. Sur les trois irradiés, deux n'étaient

    même pas chaussés de bottes.

    http://www.tokyo-np.co.jp/article/national/news/CK2011032602000026.html?ref=rank



    Qui sont ces travailleurs du nucléaire et comment sont-ils recrutés?
    Bien que les centrales possèdent leurs propres employés, environ 80% des
    travailleurs du nucléaire au Japon sont en fait des sous-traitants, recrutés
    parmi les couches les plus paupérisées de la population japonaise. Ces
    travailleurs pauvres et non qualifiés effectuent pour quelques jours, parfois
    quelques semaines, les tâches les plus dangereuses au coeur des centrales
    nucléaires. Parce qu'ils se déplacent de centrale en centrale,

    on les appelle au Japon les "gitans du nucléaire" (genpatsu jipushi),

    du nom d'un livre de Kunio Horie publié en 1984.

    http://www.tokyo-np.co.jp/article/national/news/CK2011032602000026.html?ref=rank



    En France, où la sous-traitance dans le nucléaire est en plein développement,
    l'expression utilisée dans le jargon des employés d'EDF pour les désigner est
    moins poétique mais plus explicite: la "viande à rems".

    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-bagnards-du-nucleaire_974084.html


    Sur le modèle de Toyota, les entreprises nippones ont recours depuis très
    longtemps à la sous-traitance, notamment dans la construction. Et les
    intermédiaires servant au recrutement des travailleurs journaliers sont bien
    souvent les yakuzas.

    Sur le site de l'ANPE japonaise "Hello Work", on trouve aisément

    diverses offres d'emploi de ce type, comme une offre par exemple

    pour travailler à la centrale de Fukushima Daiichi et Daini

    pour trois mois, du 3 février au 30 avril 2011.

    http://job.j-sen.jp/hellowork/job_3373229/



    Le descriptif des travaux à effectuer est sommaire: tâches d'inspection,
    d'électricité et de soudure. "Aucun diplôme, aucune qualification ni aucune
    expérience n'est exigé", est-il précisé. L'embauche est faite au nom d'une
    petite entreprise de sous-traitance spécialisé

    dans la maintenance de centrale nucléaire.

    Le salaire: 10 000 yens par jour, soit 83 euros.

    Un reportage d'El Mundo révélait en 2003 que la centrale

    de Fukushima Daiichi allait jusqu'à recruter des sans-abris

    dans les parcs de Tôkyô.

    http://www.elmundo.es/cronica/2003/399/1055060977.html
    http://job.j-sen.jp/hellowork/job_3373229/



    Depuis la récession au début des années 1990,

    tous les parcs des grandes villes
    se sont transformés en véritable campement,

    avec de multiples abris de fortune
    faits de bâches bleues.

    C'est ici que les sociétés de sous-traitance souvent
    détenues par des yakuzas, envoient leurs recruteurs à la recherche de
    travailleurs journaliers. Dans le cas de la centrale de Fukushima Daiichi,

    on expliquait à ces travailleurs pauvres qu'il s'agissait d'un emploi de
    "nettoyeurs". Puis envoyés à 200 km de Tokyo, ils réalisaient

    au dernier moment qu'il s'agissait de travailler

    au coeur d'un réacteur nucléaire.


    Depuis, des panneaux d'avertissements

    ont été installés dans les parcs à Tokyo:
    "N'accepte pas ce travail, il te tuera!". Mais en trente ans, ce sont des
    milliers de travailleurs pauvres, de travailleurs immigrés et de sans-abris qui
    se sont relayés dans ces centrales, au péril de leur vie. Certains tentent de
    faire reconnaître leurs maladies dues à l'exposition à la radioactivité. La
    famille Shimahashi fut la première à gagner un procès pour maladie
    professionnelle: leur fils, Nobuki, après 8 huit ans de travail dans la centrale
    nucléaire d'Hamaoka était mort à 29 ans d'une leucémie.

    Ce cas pourrait être l'arbre qui cache la forêt:

    d'après un rapport du docteur Fujita, professeur de
    physique de l'université de Keiô,

    il y aurait entre 700 et 1000 "gitans du nucléaire"

    qui seraient déjà morts et des milliers atteint de cancers.

    Dans ces conditions, les liquidateurs supposés "volontaires"

    de Fukushima, dont on souligne volontiers le courage,

    pourraient être des "héros" bien malgré eux du désastre nucléaire.

     

     

    http://www.camer.be/UserFiles/Image/Logo_Soli_Universelle291110.jpg

    http://www.camer.be/UserFiles/Image/Logo_Soli_Universelle291110.jpg

     

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :