• Nouvel an à Gaza, capitalisme en crise, et manipulations planétaires

     
     
    Mercredi 31 décembre 2008

     



    Je voudrais, au seuil de cette nouvelle année,
    offrir ma première pensée aux Palestiniens,
    à eux qui ne connaissent que les larmes,
    l'injustice de ceux qui ne sont pas responsables de la Shoah
    mais continuent à en payer le prix,
    eux qui mettent au monde des fils
    pour les voir déchiquetés par la souffrance
    ou par les bombes,
    eux qui sont condamnés, même innocents,
    à vivre toujours derrière des barbelés,
    à mourir lentement,
    dans l'indifférence générale
    des dirigeants repus et égoïstes,
    des citoyens anesthésiés et pétrifiés,

    oui les Palestiniens vont commencer l'année
    comme ils l'ont terminée,
    affamés et transis,
    humiliés et menacés,
    angoissés et bombardés,
    encore et toujours
    depuis des décennies,
    peuple maudit
    par la volonté d'un autre,
    parqué dans un immense camp de concentration,
    victime d'un nettoyage ethnique sans fin,
    exterminé à petits feux,
    condamné à des rafles quotidiennes,
    objet de toutes les barbaries modernes

    quand la vie et la mort s'entremêlent sans cesse,
    c'est terrible,
    pauvre peuple à l'agonie

    tandis que les diplomates pérorent,
    encore et toujours,
    que les colonies s'étendent,
    encore et toujours,
     
    et que les bourreaux fleurissent
    aux quatre coins de la planète
    pour encore et toujours
    tenir mieux à leur merci
    les vivants
    appelés en temps de crise
    à être des morts-vivants,
    privés de travail,
    privés de dignité,
    privés d'espérance,
    et abreuvés de promesses,
    encore et toujours,
    de mots et de maux,

    parce que le Capital se substitue au travail,
    capitalisme triomphant
    et pourtant à terre,
    mondialisation malheureuse,
    qui broie avant de tuer,

    parce que le virtuel engloutit le réel,
    ainsi en ont décidé quelques familles
    en s'octroyant le droit de vie et surtout de mort
    sur les peuples à la dérive,
    condamnés à une errance chaotique sur terre,
    oui par la seule volonté de quelques-uns
    qui se protègent des guerres en les créant,
    guerres juteuses pour leurs coffres-forts,
    ruineuses pour les humains,

    la banquise s'estompe,
    les ours dérivent, eux aussi,
    les Indiens d'Amazonie regardent la forêt s'étioler,
    et les poussins écrasés meurent avant d'avoir existé,
    c'est tout cela le monde moderne,

    celui de 2008,
    et encore plus celui de 2009,
    parce que la "modernité" ne cesse de s'étendre,
    celle qui s'accompagne de la disparition
    des prairies et des villages et des fêtes,
    le travail, quand il y en a, est délocalisé,
    les hommes sont dégraissés,
    les liens sont robotisés,
    les solidarités s'évanouissent,
    le Droit du travail est celui de la jungle,
    le plus fort engloutit le plus faible,
    Darwin préside aux destinées,
    les services publics se raréfient,
    demain ils ne seront plus,

    le soleil se lève à l'horizon,
    c'est un Soleil Vert,
    comme dans le film du même nom,
    les gros absorbent les petits,
    les plantes sont un souvenir,
    les animaux sont parqués et torturés,
    les riches mangent les pauvres,

    Sarkozy a promis de conduire ses réformes
    à un rythme accéléré,
    c'est pour notre bien dit-il,
    même si elles ne font qu'accentuer
    la misère et le désespoir,

    et déjà les médias
    nous désignent les adversaires
    de demain,
    vous savez, les Musulmans,
    les Russes et les Chinois,
    nous voilà prêts pour le choc de civilisations,

    l'apocalypse est pour bientôt,
    au nom de la liberté,
    de la démocratie irréprochable,
    de la modernité,
    de la civilisation,
    du Bien.

    2009.
    Rideau ?

     


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