• Gaza: Des JEUNES demandent au monde de ne pas les oublier en 2011

     
     
    Vendredi 31 décembre 2010

     

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    TEMOIGNAGE

    Salma est une habitante de Gaza. Elle adresse la lettre ci-après à ses amis en France qui s’inquiètent pour elle. Elle témoigne du déluge de feu et de fer qu’Israël fait pleuvoir sur Gaza, et souhaite que le monde en soit témoin..

    http://ghadames.artblog.fr/317963/A-GHAZA-Temoignage/

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    Tant qu'il y aura de la souffrance, de l'injustice,

    tant qu'il y aura des larmes, des guerres...

    par Chantal Dupille

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    Tant qu'il y aura un cri de souffrance, mon coeur ne sera pas vraiment à la fête.

    Tant qu'il y aura un sans domicile cachant sa détresse et sa solitude sous un porche pendant que les autres ripaillent, je ne peux pas faire la fête.

    Tant qu'il y aura un affamé, un malmené, une victime de l'injustice ou de la guerre, je ne veux pas faire la fête.

     

    Ce 31 décembre, je suis aux côtés des plus malheureux, à côté de ceux qu'on a tous incarcérés (punition collective), de ceux qui n'ont plus d'infrastructures, de ceux qu'on affame, de ceux qu'on bombarde sans cesse avec des armes de destruction massive, au risque de les anéantir,

     

    oui je suis à côté de ceux que le monde, dans son égoïsme cupide, a abandonnés, à côté de ceux qui ont perdu tout espoir, et qui n'ont plus rien à quoi se raccrocher.

     

    Et pourtant, en pleurant, ils ont assez de force, encore, pour tenter de percer le mur de l'indifférence : Ne nous oubliez pas ! Ne nous laissez pas mourir ! 

     

    Oui, pensons à eux, ne les abandonnons pas, rejoignons-les là où ils sont, et crions avec eux : PAIX ! JUSTICE !    

     

     

     
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    Des jeunes de Gaza. Owda en haut à gauche, Michael en haut à droite, Dana en bas à droite

    http://carol.blog.tdg.ch/archive/2010/04/30/laissez-les-jeunes-de-gaza-etudier-en-cisjordanie.html

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    Ici, à Gaza, nous avons peur d'être incarcérés,

    interrogés, battus, torturés, bombardés, tués.

    Nous avons peur de vivre

    parce que chaque pas que nous faisons

    doit être sérieusement considéré et préparé,

    parce qu'il y a des obstacles et des interdits partout,

    parce qu'on nous empêche d'aller où nous voulons,

    de parler et d'agir comme nous le voulons

    et même parfois de penser ce que nous voulons,

    parce que l'occupation colonise nos cerveaux et nos coeurs,

    et c'est tellement affreux que c'est une souffrance physique,

    que nous voulons verser des larmes de révolte et de colère intarissables.

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    « Merde au Hamas. Merde à Israël. Merde au Fatah. Merde à l'ONU et à l'UNRWA [Agence de l'ONU créée en 1948 pour prendre en charge les réfugiés palestiniens]. Merde à l'Amérique! Nous, les jeunes de Gaza, on en a marre d'Israël, du Hamas, de l'occupation, des violations permanentes des droits de l'homme et de l'indifférence de la communauté internationale. »

     

    C'est par ces mots durs que commence un manifeste d'un groupe de jeunes Palestiniens, artistes et militants associatifs, publié sur une page Facebook et repris mercredi par des journaux français.

     

    Un texte poignant qui exprime le désespoir d'une population de Gaza enfermée depuis des mois.

     

    La nouveauté dans ce texte est que les auteurs s'en prennent non seulement à Israël, mais aussi au Hamas, au Fatah du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et à la communauté internationale.

     

    « On en a marre d'être présentés comme des terroristes en puissance, des fanatiques aux poches bourrées d'explosifs et aux yeux chargés de haine; marre de l'indifférence du reste du monde, des soi-disant experts qui sont toujours là pour faire des déclarations et pondre des projets de résolution, mais se débinent dès qu'il s'agit d'appliquer ce qu'ils ont décidé; marre de cette vie de merde où nous sommes emprisonnés par Israël, brutalisés par le Hamas et complètement ignorés par la communauté internationale », écrivent les auteurs.

     

    C'est un événement qui a eu lieu à Gaza qui semble être le déclencheur de ce manifeste. Le 30 novembre dernier, des membres armés du Hamas ont fermé brutalement le siège de l'organisation Sharek Youth Forum. Plusieurs personnes auraient été arrêtées.

     

    L'organisme est depuis empêché de poursuivre ses activités.

     

    « C'est vraiment un cauchemar au sein d'un autre cauchemar que nous vivons », disent les rédacteurs du manifeste.

    Ici, à Gaza, nous avons peur d'être incarcérés, interrogés, battus, torturés, bombardés, tués. Nous avons peur de vivre parce que chaque pas que nous faisons doit être sérieusement considéré et préparé, parce qu'il y a des obstacles et des interdits partout, parce qu'on nous empêche d'aller où nous voulons, de parler et d'agir comme nous le voulons et même parfois de penser ce que nous voulons, parce que l'occupation colonise nos cerveaux et nos coeurs, et c'est tellement affreux que c'est une souffrance physique, que nous voulons verser des larmes de révolte et de colère intarissables.

     

    — Extrait du manifeste

     

    « Nous voulons être libres, nous voulons vivre, nous voulons la paix », est la conclusion de ce cri de révolte de ces Palestiniens de Gaza.

     

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/12/29/006-manifeste-palestiniens-gaza.shtml

     

     

     

     

    «Merde au Hamas. Merde à Israël. Merde au Fatah. Merde à l'ONU et à l'Unrwa. Merde à l'Amérique ! Nous, les jeunes de Gaza, on en a marre d'Israël, du Hamas, de l'occupation, des violations permanentes des droits de l'homme et de l'indifférence de la communauté internationale»

    Ainsi commence le «manifeste pour le changement» de la jeunesse de Gaza, posté sur la page Facebook du groupe Gaza Youth Breaks Out (GYBO) le 13 décembre 2010. Ce GYBO se présente comme «un mouvement pacifiste formé par des jeunes de Gaza et des sympathisants de partout ailleurs», qui disent avoir «trois exigences»: «être libres», «vivre normalement» et «la paix».

    Traduit en français par Libération le 28 décembre, ce texte est présenté comme l'oeuvre d'un collectif de jeunes artistes et militants associatifs. Il exprime toute la colère, les peurs et les revendications des jeunes pris en étau entre la mer et le «mur de la honte» érigé par Israël:

    «Nous voulons crier, percer le mur du silence, de l'injustice et de l'apathie de même que les F16 israéliens pètent le mur du son au-dessus de nos têtes, hurler de toute la force de nos âmes pour exprimer toute la rage que cette situation pourrie nous inspire.[...] Marre de cette vie de merde, emprisonnés par Israël, brutalisés par le Hamas et complètement ignorés par la communauté internationale»

    Il dépeint leur vie cauchemardesque, coincés entre avions de chasse, checkpoints, miliciens et menace des missiles. Au quotidien, pour ces jeunes, il ne reste que la terreur: «Ici, à Gaza, nous avons peur d'être incarcérés, interrogés, battus, torturés, bombardés, tués». Depuis l'opération «Plomb durci», fin 2008, ils seraient même tous atteints du «syndrôme du stress post-traumatique» «parce qu'il n'y avait nulle part où fuir les bombes».

     

    Le journaliste du Monde Gilles Paris explique sur son blog que «les parrains occidentaux de l'Autorité palestinienne installée à Ramallah (Etats-Unis et Union européenne) [...] ont passé provisoirement [la bande de Gaza] par pertes et profits, laissant les islamistes imposer leur férule. Israël et le Hamas ont installé depuis la fin de la guerre de décembre 2008-janvier 2009 une règle du jeu tacite qui préserve leurs intérêts». La population civile se retrouve ainsi prise entre deux feux.

     

    L'appel s'indigne notamment de la fermeture forcée de l'ONG Sharek Youth Forum par des miliciens du Hamas, qui auraient emprisonné et battu plusieurs personnes par la même occasion, il y a quelques semaines. Il est révélateur que le manifeste commence par «merde au Hamas» et taxe le mouvement islamique de «cancer malveillant» et ses membres de «barbus qui se pavanent avec leurs flingues et passent à tabac ou emprisonnent les jeunes qui ont leurs idées à eux». Une preuve de plus que l'organisation armée se fait rejeter par au moins une partie de la jeunesse au sein même de son fief historique.

     

    Une question demeure: qui sont exactement les acteurs de ce collectif? Combien sont-ils et d'où sortent-ils exactement? S'il n'y a pratiquement pas d'informations sur ce mouvement pour le moment —et les raisons de ce secret paraissent compréhensibles— cela n'enlève rien à la force de ce manifeste, comme le conclut Gilles Paris:

    «Combien pèse GYBO à ce jour? Nul ne le sait, mais son cri de rage mérite d'être écouté»
     

    Photo: free gaza, par ms.donnalee/donna cleveland via Flickr CC License by

    L'auteur conseille »

    http://www.slate.fr/lien/32145/manifeste-cri-rage-jeunes-gaza-palestine-israel

     


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