• Albert et Giselle, un mariage contrarié : "Affectivité, sexualité et handicap"

     
     
    Samedi 16 juillet 2011

    http://storage.canalblog.com/41/26/505176/63111931.jpg

    http://storage.canalblog.com/41/26/505176/63111931.jpg

    (cette image ne représente pas les couples dont il est question ici)

    .

    L'amour "différent",

    par Chantal Dupille

    .

    Un fait de société scandaleux vient de m'interpeller. Un couple de personnes handicapées "mentales" a vu au dernier moment son mariage empêché par un parent. Mais la jeune femme a tenu à revêtir malgré tout sa robe de mariée, et le couple a manifesté devant les photographes son amour.

    Voilà deux personnes qui s'aiment, et qui  du fait de leur handicap "mental", ne peuvent se marier comme tout le monde. Lorsque j'étais à FR3 Alsace, j'avais proposé plusieurs sujets de documentaires au Directeur des Productions de l'époque, M. Alheillig. Il en avait retenu quelques-uns, qui ont été tournés sous ma direction, dont un reportage sur Mulhouse, cité particulièrement accessible aux personnes handicapées, intitulé "Mulhouse, ville en pentes douces".

    J'ai toujours été sensible à la question de l'aménagement des équipements au moins publics, afin qu'ils soient accessibles à tous. Pour moi, c'est une priorité nationale, un devoir citoyen de soulager la souffrance des plus handicapés. Or, durant le tournage, j'ai visité des Centres d'Aide par le Travail, des CAT permettant l'insertion professionnelle des personnes handicapées. Et dans l'un d'entre eux, j'ai fait la connaissance d'un jeune couple d'handicapés mentaux légers, accompagnés chacun de leur côté dans leur vie courante autonome, dans un studio (système de tutorat, si mes souvenirs sont bons). Et là, j'ai été confrontée de plein fouet à la question de la reconnaissance de leur amour par la société.

    Je dois dire que j'ai été à la fois profondément choquée par l'intransigeance de la société, et émue par leur amour touchant, si sincère, si pur, si beau. Je voulais absolument tourner l'histoire de cette tendresse contrariée, si pudique, et ne pouvant se concrétiser ni par la liberté sexuelle ni par le mariage, mais le sujet a été trouvé trop "sensible". Je me voyais faire un documentaire tout en délicatesse, tout en demi-teintes, dans le respect de leur détresse commune.

    Alors, en découvrant dans un Journal télévisé un sujet sur le mariage empêché d'Albert et de Giselle, tout m'est remonté. Jusqu'à quand cette question sera-t-elle taboue ? Jusqu'à quand deux personnes dites "handicapées" ne pourront-elles pas vivre "librement" leur histoire d'amour à elles ? Jusqu'à quand la "différence" sera-t-elle contrariée ? Je tiens à soulever ce sujet, car il pose toutes sortes de questions d'abord sur notre esprit de tolérance, ensuite sur notre humanité.

    Et ce que j'ai appris au contact du jeune couple de Mulhouse, c'est que les personnes handicapées vivent aussi l'amour, comme tout un chacun, certes à leur façon, mais finalement d'une manière si tendre, si pudique, si touchante, qu'elle ne peut laisser indifférent. Il est temps de reconnaître la différence, et de tout faire, absolument tout, pour que les personnes handicapées puissent elles aussi s'épanouir dans tous les domaines. Avec cet article, le seul apparemment, je tiens à sensibiliser le public le plus vaste à la question de l'amour différent.

    Et j'ajouterais que moi qui suis si sensible, je n'ai jamais autant ressenti d'émotion qu'en voyant le jeune couple de Mulhouse manifester son amour l'un pour l'autre, si pudiquement et avec autant de dignité.

    Et si, en définitive, nous avions à apprendre beaucoup des personnes dites "différentes" ? Au moins en matière d'humanité !

    Chantal Dupille

     

     

    Albert et Giselle ou le mariage empêché :

    un couple de personnes handicapées

     

     

    Récit collecté auprès de deux éducateurs concernant le projet matrimonial de jeunes gens issu de deux CAT-foyers.

     

    Ce projet, accepté par le juge des tutelles, a été cassé par un parent durant la publication des bans.

     

    Les fiancés vont lutter pendant six ans pour faire reconnaître leur couple, se rapprocher, puis mener une vie commune, et enfin se marier.

     

    Ce témoignage illustre l'évolution des mentalités des familles et des éducateurs et la ténacité des intéressés.

     

    Handicap et sexualité. 1. , LES CAHIERS DE L'ACTIF, n° 268-269, 1998, pages 73-82, 3 réf., ISSN 1145-2684, FRA

     

    http://www.bdsp.ehesp.fr/Base/204437/


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :